Proton s’excuse et tente de s’expliquer : ses outils IA internes bientôt en open source

Après l'enquête de 404 Media, Proton sort du silence : démentis, excuses et promesse d'ouvrir les coulisses de son usage de l'IA. Voici ce qu'il faut retenir.

Vendredi dernier, j'ai publié un article sur l'enquête de 404 Media consacrée à la pression mise par Andy Yen pour imposer l'IA chez Proton. Au programme : un CEO qui qualifie une demande de test d'intrusion de mentalité de loser, un CTO qui annonce 90 % de code écrit par l'IA en octobre, et des entretiens prévus du 4 au 11 novembre qui pouvaient peser sur le maintien dans l'emploi des salariés. La réputation de Proton en a pris un coup suite à ces révélations.

Vendredi 30 octobre, en fin de journée, Proton a fini par réagir publiquement, avec un long message publié sur son compte X officiel. "Nous avons entendu vos inquiétudes au sujet de la stratégie et de la culture de Proton en matière d'IA.", écrit l'éditeur suisse en ouverture. Démentis, engagements, puis excuses : tout y passe.

Extrait du message de Proton sur X

Proton promet de montrer comment il utilise l'IA

Proton annonce vouloir « soulever le capot » à propos de son usage interne de l'IA, avec des actions concrètes prévues :

  • Des outils internes open source : plusieurs outils internes seront publiés en open source, dont des versions plus avancées de Lumo, l'assistant IA de Proton.

  • Les processus de revue de code : Proton publiera la manière dont sont menées les revues de code et les tests de sécurité (mais, ce n'est pas pour les losers, ça ? Le communiqué ne revient pas là-dessus).

  • La politique IA : Proton détaillera où l'IA est autorisée, où elle ne l'est pas, et pourquoi.

"Au lieu de pouvoir seulement consulter le code open source final que nous produisons pour en vérifier la sécurité, vous pourrez aussi évaluer la manière dont ce code a été produit.", promet Proton. L'entreprise suisse assure aussi que son usage de l'IA ne se fera "jamais au détriment de la sécurité", et affirme avoir ajouté des couches de revue de sécurité au cours de l'année écoulée.

Le message publié sur X se termine par des excuses : "Nous savons que nous n'avons pas été à la hauteur des exigences élevées que vous êtes en droit d'attendre de nous, et pour cela, nous ne pouvons que nous excuser. Nous sommes désolés.", conclut Proton. En revanche, aucun calendrier n'est donné, et rien n'est dit sur la licence des futurs outils. Surtout, je me demande si Proton aurait fait preuve d’une telle transparence, du jour au lendemain, sans les révélations de 404 Media.

Des démentis qui méritent d'être nuancés

Proton écrit qu'il ne va pas réinterroger son personnel sur son usage de l'IA. C'est vrai... depuis vendredi. L'e-mail interne du 26 octobre les annonçait bien, et d'après 404 Media, c'est Andy Yen lui-même qui les a annulés le 30 octobre, lors d'une réunion générale d'environ deux heures. "Je veux reconnaître, personnellement, qu'il y a eu un échec de communication de ma part", y aurait-il déclaré, avant de prévenir : "À l'avenir, je vais continuer à pousser." Le CTO, Bart Butler, s'est montré plus direct : "On a merdé, et on le sait.", aurait-il lâché.

Même nuance sur l'emploi : Proton assure qu'aucun poste n'a été supprimé à cause de ces entretiens. Difficile de prétendre le contraire, puisqu'ils n'ont jamais eu lieu. Selon 404 Media, Andy Yen a en revanche annoncé une réorganisation le mois prochain, avec une « redistribution des talents », mais sans perte d'emploi liée à l'IA.

Quant au logiciel qui mesurerait la quantité de code généré par l'IA, Proton dément l'installer sur les ordinateurs portables de ses salariés et évoque un malentendu sur le fonctionnement d'un logiciel de MDM. Mais le démenti vise l'outil installé sur les postes, pas la mesure elle-même. La console d'administration de GitHub Copilot, par exemple, fournit ce type de statistiques sans agent local. En soi, si le CTO parvient à avancer le chiffre de 90 % par rapport à la proportion de code écrite avec l'IA, c'est bien qu'il y a une mesure quelque part.

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Cofondateur d'IT-Connect et Microsoft MVP "Cloud and Datacenter Management". Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l'administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu'un métier, l'IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.

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